La construction et la gestion de cet EHPAD sera assurée par le centre hospitalier intercommunal de la Lauter à Wissembourg. Le coût prévisionnel de l'opération est de 9 818 869 euros. Le Conseil Général du Bas-Rhin est le principal financeur, puisqu'il apporte une subvention de 2 030 687 euros.

L'EHPAD offrira 60 lits pour herberger des personnes âgées dépendantes, dont 40 en unité protégée pour personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et 2 lits d'hébergement temporaire. Une quarantaine d'emplois devrait être créés.

La première pierre que nous avons scellée samedi 9 janvier contient cet émouvant poème:

             -SUPPLIQUE AUX VERTICAUX-

Vous qui êtes debout, alertes, allant d’un jour à l’autre et d’un visage au suivant,

Fermes sur vos jambes et heureux d’habiter votre chair,

N’ayez pas peur de votre tendresse lorsque vous venez vous pencher vers nous

Qui sommes crucifiés sur nos lits, ligotés par des tubes qui n’apportent

Ni paroles qui font vivre ni musiques qui font rêver,

Nous qui sommes langés comme des nouveau-nés, inertes et offerts,

Traînés d’un jour au suivant, intubés, sondés, perfusés

Mais pas aimés pour autant, attachés, lavés, gavés,

Mais jamais interrogés sur nos vies ou notre seul désir,

Aussi ne craignez pas cet autre visage de vous-même

Que vous deviendrez peut-être un jour,

Ne craignez pas de devenir à votre tour

Ces très légers voyageurs délestés de tout ce qui nous fit hommes,

Avec pour seuls bagages des lambeaux de rêves,

Cette espérance plus immense qu’un océan

Qui nous propulsa jadis dans ce monde

Et nous pousse déjà vers le suivant,

Nous ne laisserons rien sinon un nom de plus parmi les feuilles

Et quelques graines que sema notre vie en passant,

Alors pourquoi craindre ? Nos corps d’apprêtent, nos cœurs savent

Depuis longtemps même s’ils font semblant de s’attarder

Parmi la courtoisie tremblante de vos impatiences,

Et puisqu’il nous reste un peu de temps à partager,

Si vraiment vous souhaitez nous aider

De grâce ne pincez plus la joue, nous qui avons plus de double

De votre âge, en vous écriant : « ça va, monsieur Muller ?

Contente aujourd’hui, madame Schmitt ? »

Alors que le dernier benêt voit que nous sommes en train de mourir,

Et lorsqu’au milieu de la soupe rentre l’infirmière avec sa

Piqûre d’Héparine, au lieu de sans un mot soulever

Notre chemise pour l’enfoncer comme un clou dans un bout de bois,

Qu’elle dise simplement : « Il va pleuvoir », ou bien « Bon appétit »

Ou n’importe quoi pour montrer qu’on est encore parmi les humains…

Et de grâce encore, ne vous assemblez pas autour de nos agonies

En parlant sur nous qui ne pouvons répondre, en jetant sur nous

Des morceaux de votre jargon comme si vos machines pouvaient calculer

L’heure de notre passage, la vie ne vous appartient pas,

Vous qui ne savez ni la créer ni la retenir

Ne criez pas : « il nous a fait une décompensation »,

Nous ne vous avons rien fait du tout, nous sommes

Des anges qui s’apprêtent à repartir. Alors n’ayez plus peur

De votre tendresse, c’est la même qui vous

A mis au monde

             -Anonyme-