Débloquage du GCO
Par Guy-Do le vendredi 5 décembre 2008, 16:56 - Points de vue - Lien permanent
Le Premier Ministre, François Fillon, a annoncé le déblocage du dossier du Grand Contournement Ouest.
Je me réjouis de voir ce projet figurer parmi les priorités du Gouvernement dans le cadre du plan de relance annoncé par le Président de la République.
La réalisation de cet axe autoroutier permettant de relier le Sud et le Nord du département sans passer par Strasbourg est indispensable pour le développement économique de notre département et elle permettra de mettre fin à la constante détérioration des conditions de vie de nos concitoyens strasbourgeois, mais aussi à l’accroissement de la pollution. Depuis plusieurs mois, j’avais interpellé, avec d’autres et à de nombreuses reprises, le Gouvernement pour que ce projet aboutisse au plus vite et je suis donc satisfait que notre voix ait été entendue et que les travaux puissent débuter dès 2010.
Par ailleurs, et ainsi que le prévoit le Budget Primitif du Conseil Général du Bas-Rhin qui sera présenté dans quelques jours, j’estime que la commande publique doit aujourd’hui être le moteur de l’activité économique et la mise en œuvre d’un chantier tel que celui du GCO est de nature à réellement stimuler le secteur des travaux publics dans notre région, ce qui est une excellente nouvelle pour l’emploi.
Délibération du Conseil Général en faveur du GCO
Dossier complet sur le site internet de la Direction régionale de l'Equipement
Commentaires
...Et donc le département du Bas-Rhin mettra la main à la poche pour financer ce projet idiot. Voilà qui fait désordre et contredit les précédentes déclarations. Au moins ayez la cohérence de l'afficher officiellement en disant haut et fort :
LE CONSEIL GENERAL DU BR, PRENDRA SA PART AU FINANCEMENT DE CE PROJET.
Cela permettra à chacun de s'exprimer officiellement, ce sera enfin du courage politique.
Comment peut-on souhaiter - à ce point, un projet de plus de 400 M d€ alors même qu'il n'absorberait que 4 à 6% du trafic de l'A35 et alors même que bien d'autres projets publics régionaux pour des sommes équivalentes et qui résoudraient bien mieux les problèmes de circulation, sont en souffrance ?
In com pré hen sible !
Bonjour Monsieur le Président,
La réalisation du GCO est une gabégie et un non sens total. On , VOUS savez qu'il ne va désengorger Strasbourg, mais va coûter d'abord plusieurs centaines de hectares de bonnes terres agricoles ensuite des centaines de millions d'Euros, pour peu de résultat. Ce n'est pas bien gérer les fonds du contribuable de la part du Conseil Général. Ces fonds pourraient ête utilisés d'une manière plus opportune. Pourquoi durant les congés scolaires n' y a t'il pas de problèmes de circulation, ou très peu, sauf accident. Bien sûr vous qui venez du NORD de l'Alsace et comme beaucoup de vos concitoyens habitant cette partie de l'Alsace sont souvent coincés dans les embouteillages, mais vous le constatez vous mêmes que durant les congés scolaires évoqués ci-dessus cela passe bien. Alors POURQUOI vouloir imposer cette autoroute, qui appellera surtout les camions de l'Europe du nord, mais ne délestera pas Strasbourg. Pensez aux contribuables que vous représentez et qui vous ont élu.
Vous esperez résoudre des problèmes de pollutions atmosphériques par une autoroute?
Vous voulez résoudre des problèmes d'engorgement par une solution qui deviendra à son tour le même problème de base ? (Cf. rapport TTK)
Les travaux publics sont, il me semble, capables de travailler sur des projets durables, tels que des transports en commun ou autres! Et les solutions proposées sont nombreuses!
Excusez moi de m'emporter ainsi, mais je ne supporte plus d'entendre ce genre de raisonnements!
Vous trouverez toutes les expertises et solutions proposées sur différents sites Internet, comme celui de "GCO Vendenheim", et vous prendrez le temps de les lire si votre esprit est encore suffisamment ouvert.
Merci d'avoir lu ce message,
Dorothée Staub
La réalisation d'un nouvel axe routier, favorable au flux de camions qui évitent la LKW Maut allemande n'est pas de nature à relancer l'activité en Alsace . La suppression des terres cultivées ne permettront pas une réduction mais une extension de la pollution et une dégradation du cadre de vie. Ce projet n'apporte aucun avantage pour Strasbourg alors que l'on attend, de la part des élus alsaciens de faire un choix clair pour la finition du TGV Est et la réalisation de la troisième voie ferrée Nord-Sud qui donneront une stimulation pour les TP de la région et permettront d'avoir des conditions de vie inédites qui tiennent compte des problèmes actuels.Le développement d'un noeud ferroviaire performant à Strasbourg sera une source d'emplois ( commerce, industrie, banque, tourisme, Université, Recherche) alors que l'A355 ne fait que venir en addition de l'A35 et de l'A5, avec l'instauration d'un péage supplémentaire en période de crise.
Monsieur G.D.Kennel doit enfin se rappeler que le taux actuel de CO2 de 387 ppm doit être impérativement réduit pour limiter la crise climatique.
Que d'inepties dans ce commentaire! Il est bien connu que le projet du GCO n'est bien sûr plus au goût du jour !
En fait il doit être un "aspirateur" à camions et à péage en plus. Il ne desservira que 6 % du trafic, au mieux et ne désengorgera pas du tout les environs de Strasbourg pour cette même raison. Je ne comprends pas que l'on puisse décrire un tel projet de manière aussi fallacieuse.
Mr Kennel,
Je viens de lire avec intérêt votre billet relatif au GCO.
Je suis toutefois surpris par certaines de vos affirmations.
Vous dites tout d'abord que le GCO "est indispensable pour le développement économique de notre département".
Il ne me semble pas que le département du Bas-Rhin soit actuellement un département particulièrement peu développé économiquement.
A quel type d'activité économique qui ne se développerait pas sans GCO et qui se développerait avec GCO faites-vous référence ?
Vous dites ensuite que le GCO "permettra de mettre fin à la constante détérioration des conditions de vie de nos concitoyens strasbourgeois".
Vous ne pouvez ignorer que dans le dossier d'enquête publique, la DRE a dévoilé les chiffres réels de diminution nette de trafic sur l'A35 du fait du GCO et que ces chiffres sont de 5,7% pour l'A35 Sud et de 3,5% pour l'A35 Nord, soit une moyenne de 4,6%. Pouvez-vous me dire comment cette très faible ponction de trafic peut mettre fin à la constante détérioration de ces conditions de vie ?
Vous dites encore que le GCO " permettra de mettre fin aussi à l’accroissement de la pollution".
Des projections ont été faites dans le dossier d'enquête publique sur les émissions de CO2 à l'horizon 2020.
En hypothèse haute d'accroissement du trafic, la progression du CO2 entre 2000 et 2020 serait de 58% sans réalisation du GCO et de 56% avec sa réalisation. La différence est ténue et on ne sait pas si l’induction de trafic du fait de la présence d’une autoroute supplémentaire est prise en compte.
Faire passer la construction d’une autoroute pour une solution qui permet de réduire la pollution est particulièrement audacieux.
Cette hausse moindre de 2% correspond t'elle a ce que vous appelez la "fin de l'accroissement de la pollution" ?
Vous évoquez enfin l'aspect du financement de ce projet en parlant de commande publique.
Est-ce à dire que vous comptez faire contribuer le Conseil Général du Bas-Rhin au financement de ce projet ?
Pour mémoire, je vous rappelle que Mr Zeller a récemment déclaré (dans l'Express) que le Conseil Régional d'Alsace ne contribuerait pas financièrement au GCO.
La CUS et la ville de Strasbourg sont également très claires sur leur non contribution.
Votre prédécesseur, Mr Richert, avait déclaré peu de temps avant votre arrivée à la Présidence qu'il "ne donnerait pas un euro au GCO".
Serez-vous donc le seul grand élu alsacien qui compte faire participer une collectivité locale au financement d'une autoroute qui est éminemment controversée quant à son utilité et qui est unanimement reconnue pour ses dommages multiples ?
Des dommages à l'agriculture à travers la destruction de 350 ha d'excellentes terres agricoles dans une période où l’offre agricole peine à satisfaire els besoins alimentaires, mais aussi la destruction d’une cinquantaine emplois afférents (étude FDSEA).
Des dommages à la faune avec la contribution à la dégradation et le morcellement du milieu de vie du grand hamster d'Alsace qui est le mammifère le plus menacé de disparition en France ainsi que celle du crapaud vert et de l'osmoderme ermite (toutes trois espèces protégées).
Des dommages aux paysages vallonés du Kochersberg et au site naturel de la Bruche mais aussi aux habitants du secteur qui serait traversé puisque certaines maisons se trouveront à 70 mètres de l'autoroute avec toutes les pollutions auditives (59Db le jour et 55 Db la nuit à Vendenheim par exemple), olfactives et chimiques (benzopyrène rendant impropre à la consommation régulière les légumes du jardin de ces éventuels futurs riverains).
Des dommages également à la circulation avec 14.000 véhicules de plus attendus sur l’A351 qui n’en manque pas à en juger aux bouchons déjà existants mais aussi un accroissement attendu de véhicules sur la portion de l’A4 située entre l’échangeur de Brumath Nord et la liaison avec l’A35 à hauteur de Hoerdt.
Pour mémoire, je vous rappelle que les objectifs conférés à ce projet d'autoroute ont changé juste après qu'une expertise indépendante ait relevé que son principal objectif d'alors - le soulagement de l'A35 - ne serait pas du tout rempli.
La commission d’enquête publique a également précisé très clairement dans son rapport que le désengorgement de l’A35 n’est NI L’ENJEU NI L’OBJECTIF du GCO.
Les "nouveaux objectifs" qui sont conférés au GCO sont eux aussi très mal remplis. Je me tiens à votre disposition pour vous en apporter la démonstration qui serait trop longue sur ce commentaire.
Face à tant d’inconvénients et si peu d’avantages, peut-on qualifier aujourd’hui la construction d’une autoroute de solution d’avenir alors que la demande croissante en transport public est criante ?
La Région et la CUS ont fortement augmenté leur offre en transport en commun ces dernières années. Le Conseil Général en a-t-il fait de même sur la même période ? Les quelques améliorations dans le Nord du département sont-elles à la hauteur des enjeux ?
Certains départements proposent des tarifications quasi symboliques (entre 1 et 2€) pour l’utilisation de leur réseau départementaux de bus afin de contribuer à une dynamique vertueuse. Qu’en est-il du Bas-Rhin ?
La vérité réside dans le fait que c’est essentiellement le trafic pendulaire radial qui contribue à l’engorgement de l’A35 et non le faible trafic de transit. C’est donc, selon la classique règle des 20-80, en cherchant à diminuer le premier que l’on peut obtenir des résultats tangibles, et cela passe notamment par des solutions de transports en commun complémentaires.
Ne nous trompons pas d’époque et n’oublions pas les erreurs du passé comme la construction de cités dans les années 60-70 quant « il fallait faire quelque chose pour loger les gens » ou la suppression du tramway à Strasbourg en 1960 quand on s’apprêtait à construire des tronçons autoroutiers à travers Strasbourg pour déjà « désengorger » les routes…
Cordialement.
Michel Thévenot.
Je pense que c’est un débat stérile que d’opposer le transport automobile et les autres modes de transport. En effet, il faut raisonner en termes de complémentarité des projets. Le GCO a pour objectif premier d’absorber le trafic Nord/Sud qui n’a pas vocation à entrer dans Strasbourg. La marge de manœuvre dégagée permettra une utilisation plus urbaine de l’actuelle rocade, et d’améliorer la performance des transports en commun qui l’empruntent.
Mais il est bien évident que le GCO seul ne résoudra pas tous les problèmes qui se posent. C’est pourquoi je reste tout autant attaché aux projets tels que le développement de notre offre du Réseau 67, l’achèvement des lignes TGV, le tram-train, le transport en commun performant sur la D1004, la taxe poids lourds, le développement des alternatives au transport par camion…
A titre d’exemple : le GCO, en croisant l’axe du tram-train et du transport en commun de la D1004, permettra la création de parkings-relais bien en amont de Strasbourg, et donc de réduire d’autant l’usage de la voiture vers le centre-ville. Le GCO rendra également plus facilement accessible le port autonome, ou la zone de transport combiné de Cronenbourg. Il s’insère donc bien dans un réseau de transport multimodal et permettra au final de renforcer des solutions alternatives à la route.
Si j’entends vos arguments, je reste pour ma part persuadé de la nécessité que ce projet se réalise, dans l’intérêt du Bas-Rhin et de ses habitants.
Bonjour,
je comprends et adhère à ce qui a été dit dans les commentaires et la réponse ci-dessus, sauf sur l'intégration dans un réseau 'multimodal'. Le GCO a été présenté comme un contournement payant permettant d'éviter Strasbourg, en réduisant au maximum les entrées/sorties (du fait, il en est prévue qu'une seule). Le GCO n'est donc complémentaire à rien du tout ...
Je m'inquiète aussi de la transformation de l'actuelle A35 en 'rocade'. Réduire à 50 km/h (ce qui est prévu) le trafic actuel allégé de 5%, c'est l'assurrance des bouchons permanents ... J'imagine les réactions de la population coincée dans ces bouchons à côté d'un GCO payant, peu utilisé, financé par les deniers publics et exploité par une société privée ...
Le gouvernement souhaite relancer l'économie par des grands travaux, qu'il soutienne donc les projets Tram-train, voie ferrée, dont leurs utilités ont été démontrées et et admises par tous. Il montrerait aussi une certaine cohérence de l'action gouvernementale avec le Grenelle de l'Environnement.
Cordialement
Mr Kennel,
Votre intervention en réponse aux nombreux messages donne des éclaircissements sur votre vision de ce projet mais laisse toutefois plusieurs questions sans réponses.
Vous dites que « le GCO a pour objectif premier d’absorber le trafic Nord/Sud qui n’a pas vocation à entrer dans Strasbourg ».
Officiellement, l’objectif premier conféré au GCO serait d’assurer la continuité autoroutière nord-sud au droit de Strasbourg. Cet objectif est évidemment fallacieux puisque non seulement il existe déjà une autoroute Nord-Sud au niveau de Strasbourg (l’A35) mais qu’en parallèle, côté allemand, il existe une seconde autoroute Nord-Sud (l’A5) à très eu de distance, ce qui est extrêmement rare dans une vallée fluviale ailleurs en France.
Quant à absorber le trafic Nord-Sud qui est de l’ordre de 10 à 15 % du trafic total passant au niveau de Strasbourg, il sera bien mal rempli si, du fait d’un péage, moins de la moitié de ce flux de transit se détourne de l’A35 pour emprunter le GCO puisque comme je l’ai déjà indiqué, les chiffres officiels de report net de l’A35 sur le GCO sont de moins de 5%.
Vous évoquez ensuite que « la marge de manœuvre dégagée permettra une utilisation plus urbaine de l’actuelle rocade, et d’améliorer la performance des transports en commun qui l’empruntent. ».
On vient de le voir, la marge de manœuvre étant de moins de 5%, l’utilisation plus urbaine de l’A35 est totalement illusoire. Aucune personne sérieuse ne peut imaginer un traitement en boulevard urbain d’un axe qui totaliserait encore plus de 160.000 véhicules par jour (soit environ 4 fois le trafic de la route du Rhin qui n’est pas cité comme un exemple de fluidité).
Vous dites encore que « le GCO, en croisant l’axe du tram-train et du transport en commun de la D1004, permettra la création de parkings-relais bien en amont de Strasbourg, et donc de réduire d’autant l’usage de la voiture vers le centre-ville. »
Le dossier d’enquête publique était très évasif sur les éventuels parking-relais pouvant être à la croisée de transports en commun.
Selon des représentants du conseil municipal de Duttlenheim, aucun parking-relais n’est prévu à ce jour au niveau du croisement du GCO avec la ligne du futur tram-train. A noter que dans le cadre de la 1ère phase du tram-train consistant à cadencer plus fortement les liaisons vers Molsheim, plusieurs arrêts aux heures de pointe viennent justement d’être supprimés en gares de Duttlenheim / Duppigheim, à l’endroit même où passerait le GCO.
Pour ce qui est de la D1004, les transports en commun actuels seront empêtrés dans le trafic déjà important qui sera majoré des 14.000 véhicules de plus annoncés dans l’expertise indépendante (et non démentis par la DRE) entre l’échangeur d’Ittenheim et l’A351.
Or, les parkings relais n’ont de sens que s’ils permettent ensuite d’emprunter un transport en commun en site propre et non englué dans les bouchons.
Quant au projet de nouveau transport en commun sur la D1004, il est à l’état de serpent de mer aujourd’hui.
La question à se poser est également de savoir quelles seraient les personnes susceptibles d’emprunter ces transports en commun après avoir effectué une première partie de trajet en voiture alors qu’elles pourraient déjà aujourd’hui rejoindre une gare et emprunter le TER si elles veulent se rendre à Strasbourg.
D’où viendraient les personnes qui seraient prêtes à s’acquitter du péage du GCO pour aller prendre un transport en commun au niveau de la D1004 ? Elles ne pourraient venir que de l’échangeur de Hoerdt ou du secteur de la vallée de la Bruche où il y a déjà des lignes SNCF.
Vous dites enfin que « le GCO rendra également plus facilement accessible le port autonome, ou la zone de transport combiné de Cronenbourg. »
La DRE avait eu la prudence d’utiliser le mot « voire » quand en parlant du GCO elle disait : « réorganiser les accès à l'agglomération de Strasbourg, non pas tant pour les trajets domicile-travail que pour tous les trafics d'échanges à moyenne et longue distance à destination des grands pôles tels que l'aéroport, la zone d'activité de la Bruche VOIRE le port est un des objectifs prioritaires assigné au projet. »
Le mot « voire » est tout à fait approprié puisque cette zone industrielle est située à l’Est de Strasbourg le long du Rhin et le projet de GCO, s’il est censé la desservir, aurait un tracé on ne peut plus éloigné, notamment par rapport à l’A35 actuelle. Pourtant, cette ZI du port du Rhin est de loin la première du Bas-Rhin et est le principal générateur de trafic PL avec 2 400 PL/jour, dont 800 PL transportant des matières dangereuses comme en attestait le site Internet GCO. La desserte efficace de cette ZI n’aurait été possible qu’avec l’option 5 qui a été rejetée.
En ce qui concerne la zone de transport combiné de Cronenbourg longtemps mise en avant également par la DRE et pour laquelle on ne voyait pas très bien non plus comment le GCO en aurait amélioré la desserte, elle avait été mise à mal par la fermeture de la CNC il y a déjà quelques années.
A travers ces quelques exemples, on voit donc très mal comment le GCO, selon vos termes, « s’insère donc bien dans un réseau de transport multimodal et permettra au final de renforcer des solutions alternatives à la route. »
Pour avoir également assisté à une réunion (dite de) concertation sur le projet de VLIO, j’ai pu me rendre compte que l’on essaie systématiquement de « vendre » la solution routière en la faisant passer pour un « maillage multimodal» avec les transports en commun, ce qui aurait tendance à la rendre plus acceptable.
Ce procédé d’une bonne foi plus que douteuse ne résiste toutefois pas à l’analyse.
Vous conviendrez que le dossier du GCO est très loin d’être la solution simple (simpliste ?) aux problèmes de déplacements au droit de Strasbourg.
La phase dite de concertation en 2003 imposée à l’administration n’a été qu’une parodie.
L’étude indépendante du cabinet TTK qui mettait le doigt sur les limites du GCO a été quasiment enterrée.
L’objectif principal, le soulagement de l’A35, a été repoussé en dernier objectif suite à cette étude.
L’enquête publique a suscité une énorme participation du public et s’est soldée par plus de 80% de personnes opposées au projet. La moitié de ceux qui y étaient favorables l’étaient parce qu’ils pensaient que le GCO désengorgerait l’A35, ce qui ne sera pas le cas, ce que la commission d’enquête a martelé dans son rapport.
Malgré cela, la commission d’enquête avait donné un avis favorable.
Un sondage récent des DNA a donné encore 60% d’opposants au GCO alors que le grand public croit toujours que le GCO libérera la région de Strasbourg de problèmes de bouchons et de trafic de PL. Il faut dire que les medias n’ont pas encore compris que les objectifs du GCO avaient changé en cours de route et continuent de dire qu’il doit désengorger l’A35.
Un géographe de la région a évoque le « fétichisme des infrastructures ».
Dans le cas du GCO, les arguments avancés en sa faveur évoluent au fur et à mesure que les précédents sont battus en brèche.
Au final, on en arrive à des arguments suffisamment généraux pour ne pas pouvoir être démontés comme le fait que le GCO soit « dans l’intérêt du Bas-Rhin et de ses habitants. »
Que faut-il faire dans une démocratie pour stopper un projet insensé et complètement anachronique ?
Il était ressorti du Grenelle environnement qu’il y aurait un gel des constructions d’autoroutes.
Plutôt qu’un contournement du Grenelle, je vous propose un « Grenelle du contournement » dans lequel pourrait être débattu honnêtement l’intérêt de ce projet.
Chiche !
Cordialement.
Michel Thévenot
Merci pour votre réponse Monsieur Kennel, mais je me permets de vous dire que celle-ci est tout autant contradictoire que vos autres arguments, c'est pourquoi je vous pose une question supplémentaire:
N'est-il pas possible de créer de parking-relais sans la construction du GCO? (puisque vous prenez ces derniers comme exemple)
A vous entendre, et dites moi si je me trompe, cette autoroute est indispensable pour aménager des parkings-relais, mais également pour lutter contre la pollution. C'est d'ailleurs bien connu, les autoroutes, grâce à la fréquentation des véhicules se déplaçant à 130 KM/h, sont un moyen efficace pour lutter contre les GES!
Autre question: Etes-vous conscient de la gravité de ce que vous avancez?
D.S
Bonjour Monsieur le Président,
Merci d'ouvrir cette discussion sur votre blog.
Monsieur Sarkozy, s'exprimant au nom de l'Europe, se félicite ce soir (12 décembre) de l'unanimité obtenue auprès des Chefs d'Etat pour "la réduction programmée de 20% des émissions européennes de gaz à effet de serre d'ici 2020". Cet accord est sensé prendre la suite du protocole de Kyoto, par ailleurs très insuffisant par rapport aux dérèglements climatiques déjà engagés et qui vont toucher nos enfants de plein fouet.
La question est donc de savoir si l'Alsace et le Bas-Rhin en particulier est concernée par ces accords...
Il est illusoire en effet de croire que des efforts consentis "ailleurs" (aux Etats-Unis et en Chine en particulier) régleraient le problème et nous
permettraient de poursuivre la gabegie des émissions.
Il est donc irresponsable de prolonger ces croyances du passé. Créons des modes de transport propres (tram-train en direction de l'Ouest strasbourgeois), et en amplifions l'existant (TER et tram, mais aussi fluvial pour les marchandises et ferroutage) en coopération avec les autres Collectivités Territoriales et les Régions Rhénanes.
Faut-il rappeler ici que la Direction Régionale de l'Equipement (DRE) annonçait pendant l'instruction du dossier "que les gaz à effet de serre émis par le transport allaient augmenter de 60% entre 2000 et 2020 sur les grands axes du Bas-Rhin, 'au fil de l'eau' ?
Votre prédécesseur avait tenté un grand écart entre sa mission au Comité National de l'air et le soutien au GCO. Je le rappelle avec tout le respect que je lui dois.
Nous aujourd'hui comptons sur vous pour assurer des modes de déplacement efficaces et en rapport avec les connaissances actuelles. La route a très longtemps bénéficié d'une priorité absolue. Il est temps de faire machine arrière, quels que soient les arguments et les pressions.
Jean-Marie Wilhelm
Président de Ligne Verte (Eckwersheim)
Membre d'Alsace Nature
D'accord, M. Kennel, le GCO faciliterait (aux heures de pointe seulement) le passage Nord-Sud à la verticale de Strasbourg et ce moyennant péage. Mais pour qui ? Pour une infime minorité d'usagers, la très grande majorité ayant à faire avec l'agglomération strasbourgeoise (les chiffres détaillés dans le dossier d'enquête publique le montrent très clairement). Pour ce qui est des camions, le CCO ne sera intéressant pratiquement que pour les camions de transit qui se reportent d'Allemagne pour fuir la taxe et qui sont indésirables en Alsace (démonstration dans l'étude indépendante de TTK).
Du fait du trop faible report net de trafic (-4,6% dixit le dossier d'enquête publique), le GCO ne permettra pas une utilisation plus urbaine de l'A35. Que ferez vous des près de 190 000 usagers qui resteront sur l'A35 les jours les plus chargés parceque non intéressés par le GCO ? Si vous avez la solution pour réduire drastiquement ce nombre (et les pistes on les connaît, c'est en résumé toutes celles qui ofrent des possibilités pratiques à l'usager pendulaire pour ne pas circuler tout seul dans sa voiture), alors ne vous gênez pas. Et reconnaissez avec nous que le problème principal, c'est bien de soulager l'A35. Et si on traite ce problème, l'axe nord-sud est rétabli et le GCO n'a plus aucun intérêt. Car l'A35 ne peut que rester autoroutière: de nombreux usagers, y compris la majorité des camions, ont besoin d'aller du nord au sud de Strasbourg mais à l'intérieur de l'agglomération. Comment feront-ils si l'A35 devient un bld urbain ? Des solutions visant à séparer les flux radiaux des flux de passage ont été étudiées et fourniraient, contrairement aux GCO, du travail aux entreprises locales.
Toujours d'après le dossier d'EP, le GCO aurait aussi pour effet de saturer encore davantage certaines grandes pénétrantes comme l'A351. Comment pourrait-il dès lors faciliter l'accès au port autonome ou à Cronenbourg ? Pour ce qui de l'accès à des futurs parkings-relais, le deux bouts du projet GCO sont d'ores et déjà très accessibles et on pourrait y faire des parkings-relais dès maintenant et sans GCO. Le seul échangeur central, celui d'Ittenheim n'est pour l'instant pas une zone très urbanisée. Et c'est là un des risques du GCO relevé par TTK: conduire à un développement non maîtrisé de cette zone qui sera accessible de part et d'autre de l'Alsace par le GCO mais en voiture, et tout ça au détriment des zones accessibles par le TC. C'est en partie pour cela que le GCO est incompatible avec le Scoters qui, faut-il le rappeler, affichait clairement une priorité aux TC.
Alors, d'accord avec vous pour ne pas opposer les différents modes de transport, mais ayons le courage de donner la priorité aux solutions alternatives à la route, seules à même d'absorber le flux pendulaire et regardons ensuite les aménagements routiers complémentaires qu'il faudra faire pour optimiser l'ensemble.
Bonjour JD Kennel et autres internautes,
Ce qui me surprend le plus dans ce qui précède, c'est le dialogue de sourds entre des politiques qui ont le pouvoir et qui décident, malgré la démonstration de personnes compétentes et critiques qu'un tel projet est obsolète polluant et non rentable à long terme, de vouloir à tout prix le réaliser...et les payeurs et utilisateurs.
C'est comme pour les voitures...on sait depuis longtemps que les voiture à essence classiques ont fini leur temps, mais au lieu d'innover, les politiques s'entêtent, par des mesures artificielles ( mesures Jupettes et autres...) à maintenir la vie de l'industrie automobile dans un état de vie artificielle...on voit bien aujourd'hui quel est le résultat....
La question est de savoir à qui profite réellement un tel projet ?
Aux politiques? qui se foutent royalement des citoyens...et les prennent pour des idiots...
A quelques gros bonnets pour lesquels des parachutes dorés sont déjà provisionnés?...
Monsieur le Président,
Je me permets de vous contacter sur votre blog après m’être permis de vous interpeller mercredi matin, juste avant le début de l’AG du SDEA à Mutzig. Mon «Monsieur le Président, permettez-moi, en tant que conseiller municipal de Duttlenheim, de vous dire qu’il ne faut pas faire le GCO» vous a certainement agacé mais j’ai bien noté qu’en me quittant vous m’avez répété deux fois que le Conseil Général ne le financerait pas. Je vous ai répondu que pour moi cela constituait déjà une avancée et vous ai également dit combien j’étais heureux des initiatives prises dans le domaine du développement durable par notre Conseil Général. C’est pourquoi, étant persuadé qu’il suffit d’étudier le dossier pour se rendre compte de son inutilité, je serais très heureux que vous mettiez les moyens nécessaires en jeu pour vous faire une opinion qui ne soit pas uniquement influencée par notre Président de Région.
J’estime qu’en tant qu’élu, on a le devoir d’écouter et de prendre en compte l’avis de ses électeurs, de ses collègues élus et éventuellement celui des partis dont on a la carte. On n’est pas obligé de partager l’avis du «N+1».
Pour ce qui est de prendre en compte l’avis de ses électeurs, j’aurais quelques données à vous communiquer :
Premièrement, l’enquête publique, malheureusement limitée territorialement aux communes directement concernées, ce qui permet généralement aux partisans des projets de traiter avec mépris les avis défavorables déposés. Cette enquête publique a, selon le rapport de la commission d’enquête, rassemblé 3269 contributions écrites dont 2731 défavorables (82%) et 538 seulement favorables. La commission d’enquête a noté par ailleurs que près de la moitié de ces réponses favorables ne devaient pas être prises en compte car elles mettaient en avant le désengorgement de l’A35 dont la commission d’enquête a consacré à plusieurs reprises dans son rapport que «le désengorgement de l’A35 n’était ni l’enjeu ni l’objectif du GCO». On en est donc à 2731 contre et la moitié de 538 pour. Cela n’a pas empêché la commission d’enquête de délivrer un avis favorable «avec réserves» sachant que la levée de celles-ci est plus contraignante lors des travaux qu’un avis défavorable qui n’aurait nullement entravé la marche du projet.
Deuxièmement, les Dernières Nouvelles d’Alsace ont organisé sur leur site internet un sondage par vote qui a collecté 4176 votes. (En comparaison,1505 votants sur la « suppression de la 1ere classe dans les TER », 1427 votants sur « les élections municipales vous intéressent-elles ? » et 992 votants sur le « suffrage universel pour l’intercommunalité ».) Sur ces 4176 votes, 2460 contre (59%), 1621 pour et 95 sans opinion. Toujours une forte majorité mais sur un échantillon plus large de la population dont on peut imaginer que s’ils utilisent internet, ils ont de fortes chances d’utiliser aussi une voiture et d’être dans les bouchons de temps en temps.
Troisièmement, en septembre 2007, juste après le conseil des ministres délocalisé à Strasbourg en marge duquel M, Fillon avait confirmé que le GCO se ferait «hors grenelle», une pétition organisée par le site cyberacteurs (http://www.cyberacteurs.org/actions...) avait déclenché l’envoi à l’Elysée à l’adresse petitions1@www.elysee.fr" de 3373 messages.
Les messages des électeurs sembleraient à mon avis assez clairs et surtout assez nombreux pour qu’on reprenne la concertation sur ce dossier.
En ce qui concerne l’avis des collègues élus, qui ne sont pas choisis pour jeter l’argent des contribuables par la fenêtre, je trouve qu’il faudrait être sourd pour ne pas prendre comme un message très fort le fait que 15 recours aient été formulés auprès du Conseil d’Etat par des communes et communautés de communes et pour demander l’annulation du décret de délaration d’utilité publique.
Concernant l’opinion de la direction de l’UMP, la secrétaire générale adjointe Nathalie Kosciusko-Morizet, a répondu aux journalistes de France Inter qui l’interrogeaient sur la «grenellocompatibilité du GCO» ce vendredi 12 décembre, en duplex de la Conférence des Nations Unies sur le climat à Poznan la chose suivante : «C’est évident, écoutez, c’est évident que je préfère qu’on fasse des TGV plutôt que l’on fasse des routes. Maintenant, je suis aussi élue locale, je ne méconnais pas quelques nécessités de désenclavement local, il faut pouvoir aussi y faire face.»
Je compte sur le collectif «GCO NON MERCI» pour lui faire savoir que les quelques dizaines de millions d’€ annoncées pour le TGV Est qui seront insuffisantes pour une avancée significative pourraient être augmentés de quelques centaines qui autrement passeraient dans un GCO inutile.
Je finira ma contribution de ce jour par la demande que je vous ai formulée mercredi matin à Mutzig : «faites d’abord tout le reste en y mettant tous les moyens à disposition, voyez si ça marche, et après on rediscutera de la nécessité du GCO ». Je regrette que vous m’ayez répondu qu’il faut le faire en même temps.
En attendant, je vous invite à une visite virtuelle des marchés de noël de Strasbourg, une déambulation combinant des prises de vue à 360° de notre superbe capitale de noël en cliquant sur le lien suivant : http://www.bouchons-non-merci.org
Cordialement,
Christian Goepp
Conseiller Municipal à Duttlenheim
Je vous remercie d'avoir réagi à ce billet. J'ai lu avec attention vos contributions, même si je ne partage pas vos analyses sur le sujet.
La délibération du Conseil Général que j'ai mise en lien dans le billet a été adoptée en 2005. Je me situe pleinement dans la continuité des positions qui ont été votées par l'assemblée délibérante sous l'impulsion de mon prédécesseur. La majorité de l'époque a largement été reconduite lors des élections cantonales de 2008, je ne pense donc sincèrement pas trahir les électeurs bas-rhinois en maintenant cette position.